Pluie de sondages

Bonjour !

J’ai commencé un cycle sur les sondages via cette vidéo, plutôt présentée comme un éditorial :

Après m’être aperçu du nombre de vues assez important de cette vidéo, je me suis dit que l’intérêt était peut-être fort. J’ai donc décidé de faire, juste avant le premier tour de l’élection présidentielle, un live sur les sondages le 20 avril, à 21h. Dans ce live, qui est encore à venir au moment où j’écris ces lignes, j’essaierai de dire un maximum de choses, de donner un maximum d’informations sur les sondages.

[EDIT] Voici la rediffusion du live (vous pouvez retrouver un chapitrage interactif sur Youtube) :

Toutes ces informations ont été trouvées dans ces sources, que j’ai classé par thématique (au vu du nombre).

Sources / Aller plus loin :

Globalement :

Article d’Alain Garrigou sur Encyclopaedia Universalis, Les Sondages D’opinion :

http://www.universalis-edu.com.merlin.u-picardie.fr/encyclopedie/sondages-d-opinion/#titre-i_4981

Critique des enquêtes d’opinion en 1971 par Agnès Pitrou dans la Revue Française de Sociologie :

http://www.persee.fr/doc/rfsoc_0035-2969_1971_num_12_2_1969

« Les sondages d’opinion », Courrier hebdomadaire du CRISP, 4/1979 (n° 829), p. 1-24 :

https://www.cairn.info/revue-courrier-hebdomadaire-du-crisp-1979-4-page-1.htm

Conférence de Patrick Champagne sur son livre « Faire l’opinion » chez Acrimed :

https://www.youtube.com/watch?v=L6fXkQsdTsA

Article de Patrick Champagne dans lequel il se prononce contre l’interdiction des sondages :

http://www.acrimed.org/En-finir-avec-les-faux-debats-sur-les-sondages

L’observatoire des sondages parle des méthodes alternatives :

http://www.observatoire-des-sondages.org/opinion-publique-2-0-la-nouvelle-imposture

Sondages et Mensonges, Le Monde Diplomatique, Mars 1993 :

https://www.monde-diplomatique.fr/1993/03/MARTIN/45123

Envoyé Spécial du 13 avril 2017 – Secrets de sondages :

https://www.youtube.com/watch?v=zxRlJTmxunY

La double dépendance, sur le journalisme (2016) Par Patrick Champagne, chez Raisons d’agir

Manuel anti-sondages, la démocratie n’est pas à vendre ! (septembre 2011) Par Alain Garrigou et Richard Brousse, chez La Ville Brûle

L’ivresse des sondages (2006) d’Alain Garrigou, aux éditions La Découverte

Blondiaux Loïc. Ce que les sondages font à l’opinion publique. In: Politix, vol. 10, n°37, Premier trimestre 1997. pp. 117-136.

www.persee.fr/doc/polix_0295-2319_1997_num_10_37_1653

 

Sur l’histoire des sondages :

Brochot Vanessa, « Le sondage d’opinion : attribut de la démocratie ou manipulation de l’opinion », Pouvoirs, 2/2013 (n° 145), p. 141-154 :

http://www.cairn.info/revue-pouvoirs-2013-2-page-141.htm

Sondages d’intentions de vote des élections présidentielles de 1974 à 2007 chez Sofres :

http://www.lelab2012.com/historique-elections-presidentielles-intentions.php

Sondages d’intentions de vote (autre source, france-politique.fr) :

http://www.france-politique.fr/sondages-presidentielle-2012.htm

Résultats des élections de 2002 à 2012 (site du ministère de l’intérieur) :

http://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Presidentielles

Libération, élections de 2002, annonce la victoire de Jospin :

http://www.liberation.fr/france/2002/02/27/sondage-51-pour-jospin-au-second-tour_395206

A la télévision en février 1995, Balladur est crédité d’environ 30%, Chirac de 18%, Jopin de 16% (ils feront respectivement 19, 21 et 23% au premier tour) :

https://www.youtube.com/watch?v=LSOyvFQEFOQ

La synthèse du rapport Sueur et Portelli de 2010 :

http://www.senat.fr/rap/r10-054/r10-054-syn.pdf

Entretien avec Loïc Blondiaux, chercheur en sciences politiques, extrait d’Histoire des nombres, Tallandier, 2007 :

http://www.atlantico.fr/decryptage/sondage-opinion-quand-remonte-invention-histoire-nombres-tallandier-1692390.html

Une note sur la carrière de Mendès-France, avec un avant-dernier paragraphe intéressant reprenant des sondages de « popularité » de l’homme politique à l’époque (2008, Jean-Charles Asselain) :

http://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=1&rub=comptes-rendus&item=88

Loi n° 77-808 du 19 juillet 1977 relative à la publication et à la diffusion de certains sondages d’opinion (légifrance) :

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006068614&dateTexte=vig

Site de la commission des sondages, institution administrative officielle :

http://www.commission-des-sondages.fr/

Une petite histoire des méthodes d’enquête par sondage, sur le site de l’observatoire des sondages par Christian Barrault :

http://www.observatoire-des-sondages.org/petite-histoire-des-methodes-d-enquetes-par-sondage

1938-1944 : L’aube des sondages d’opinion en France sur le site de l’IFOP :

http://www.ifop.com/?option=com_publication&type=publication&id=37

Sur le site de francetvinfo, on parle de l’inflation du nombre de sondages pré-électoraux (avec des fautes d’orthographe) :

http://www.francetvinfo.fr/politique/un-nombre-record-de-sondages-publies-pendant-la-campagne_1614373.html

« ABC argent, 100% bonnes idées, 0% arnaque » explique comment être rémunéré par les sondages :

http://www.abcargent.com/sondage-remunere/

Sur l’OpinionGate, l’Observatoire des sondages a résumé l’affaire :

http://www.observatoire-des-sondages.org/Comptes-obscurs-et-liaisons

Sur la méthodologie des sondages :

Sur la méthodologie des sondages, même sur vie-publique.fr on parle de marge d’erreurs pour la méthode des quotas (ce qui est impossible) :

http://www.vie-publique.fr/actualite/faq-citoyens/sondages-opinion/

Surveymonkey, organisme de vente de prestations sondagières, explique comment avoir une population représentative :

https://fr.surveymonkey.com/mp/sample-size/

A lire : L’homme formaté, du blog Hacking Social, sur les techniques de manipulation :

http://www.hacking-social.com/wp-content/uploads/2015/07/lhomme-format%C3%A9-red-3.2.pdf

Un article existe sur leur site à ce sujet :

http://www.hacking-social.com/wp-content/uploads/2014/06/sondage-statistique-ne-plus-se-faire-avoir.pdf

L’artefact dans les sondages, selon l’observatoire des sondages :

http://www.observatoire-des-sondages.org/A-comme-artefact

Différents types de questions :

https://fr.surveymonkey.com/mp/survey-question-types/

L’astroturfing pour les guerres internes de l’UMP en 2012 :

https://reflets.info/fillon-balance-les-blackops-internet-de-lump/

Effet Hawthorne (Wikipédia)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Hawthorne

Un documentaire qui prend place en 2007, dans les coulisses d’IFOP :

https://www.youtube.com/watch?v=NXFe9V_zzqo

Sur la nature et les missions des instituts de sondages :

Il était une fois les instituts de sondage, vidéo de Leierkastenmann Ysabeau :

https://www.youtube.com/watch?v=VHKNZo0Oco8

French Governement : Nudge Me Tender, ou comment ESOMAR (dont BVA, Harris interactive et Ipsos sont membres notamment) aide le gouvernement français à faire du « nudge » :

https://www.esomar.org/web/research_papers/Ethnographic-Research_2609_French-Government-Nudge-Me-Tender.php

Sur l’utilisation médiatique des sondages :

Chez Acrimed :

« Libération et Marine Le Pen : abus de sondage » :

http://www.acrimed.org/Liberation-et-Marine-Le-Pen-abus-de-sondage

« Révoltes de 2005 : dix ans après, un traitement médiatique tristement ordinaire » :

http://www.acrimed.org/Revoltes-de-2005-dix-ans-apres-un-traitement-mediatique-tristement-ordinaire

« Air France : salariés et syndicats victimes du « lynchage » médiatique » :

http://www.acrimed.org/Air-France-salaries-et-syndicats-victimes-du-lynchage-mediatique

« « Grand débat » : un sondage pour BFM-TV qui ne convainc pas » :

http://www.acrimed.org/Grand-debat-un-sondage-pour-BFM-TV-qui-ne

« La boule de cristal hallucinogène de Paris Match » :

http://www.acrimed.org/La-boule-de-cristal-hallucinogene-de-Paris-Match

« Alain Lipietz, candidat recalé à la présidentielle » :

http://www.acrimed.org/Alain-Lipietz-candidat-recale-a-la-Presidentielle-Presentation

« Course aux sondages : la bêtise au coude à coude avec la vacuité » :

http://www.acrimed.org/Course-aux-sondages-la-betise-au-coude-a-coude

 

Les fameux rollings de Paris Match :

http://www.parismatch.com/La-presidentielle-en-temps-reel

Et le commentaire de Arrêt sur images à ce sujet :

http://www.arretsurimages.net/articles/2017-03-17/Sondages-les-chutes-les-toboggans-et-les-dynamiques-invisibles-de-Match-id9669

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Régimes parlementaire et présidentiel

Bonjour,

Aujourd’hui, publication d’une vidéo dont la réalisation m’a pris beaucoup de temps mais dont je suis très fier. La voici :

En soi, l’explication en vidéo des régimes politiques de séparation des pouvoirs ne suscitait pas énormément d’intérêt pour moi, surtout que je l’avais déjà un peu réalisée dans Demos. Mais il fallait bien faire une vidéo expliquant cette distinction pour pouvoir s’intéresser au problème du Président de la République française dans une vidéo suivante. Je l’avais prévue dans mon programme.

Et ma première surprise a eu lieu lors de l’écriture : voulant prendre les exemples classiques des régimes, donc les États-Unis et le Royaume-Uni, je me suis rendu compte avec horreur que le monarque anglais faisait partie du pouvoir législatif. Quelle tuile ! J’étais dans l’erreur depuis des années, pensant que c’était une tête de l’exécutif. J’ai donc cherché comment résoudre mon problème, et me voilà à lire un article (lien ci-dessous) expliquant que les régimes scandinaves sont certainement aujourd’hui les plus représentatifs de « l’esprit » du régime parlementaire.

Me voilà lisant la Constitution danoise. Pourquoi le Danemark ? Il se trouve que ce pays m’intéresse beaucoup, notamment pour ses innovations en termes d’éducation et d’écologie. Et me voilà avec un régime parlementaire tout à fait conforme à une explication claire, surtout en tant que monarchie parlementaire, avec des particularités intéressantes (monocamérisme, remaniements par le Folketing surtout).

Dans le fait de faire des vidéos, c’est sans doute ça le plus stimulant après la transmission de connaissances et d’informations : apprendre soi-même énormément de choses. Autant pour les connaissances que pour la technique d’ailleurs ! J’ai cette fois eu l’occasion d’aller plutôt loin dans l’illustration : ce doit être une des premières vidéos les plus illustrées par l’image. Je me suis forcé – car ce n’est pas le plus facile, loin de là – à remplacer le texte par l’image dès que je le pouvais. Il est possible que du texte modifiable en image soit encore présent – par exemple, peut-être modifier « Forte légitimité » par un indicateur.

Après, malgré ma fierté, cette vidéo a évidemment ses limites, surtout dues au format de moins d’un quart d’heure :

La première, c’est l’absence de référence au judiciaire. Je le dis dans la vidéo d’ailleurs. C’est tout à fait dommage au vu de l’importance de ce pouvoir, notamment aux États-Unis.

La seconde, là aussi pour les États-Unis, c’est que je ne pouvais absolument pas parler du fédéralisme dans ce format. C’est un fondement du régime nord-américain, et je ferai une vidéo consacrée à tous ces systèmes fédéraux, d’administrations spéciales, de régionalisation, etc.

La troisième, c’est que la Constitution n’est jamais suffisante pour comprendre un système politique : contrairement à ce qu’on pourrait croire, une partie non négligeable du Droit constitutionnel est coutumière. Je pense qu’il y a des erreurs sur les pouvoirs des institutions, notamment ceux du monarque danois, car je ne connais pas la réalité de l’exercice du pouvoir au Danemark. Et cette fois, c’est surtout à cause d’un manque de temps : cette vidéo est déjà assez en retard par rapport à la date que j’avais prévu d’ailleurs.

Je pense que de nombreuses autres limites existent, je ne les ai pas en tête maintenant cela dit. J’espère que vous me ferez part de celles que vous remarquerez dans les commentaires de cet article ou de la vidéo en elle-même. Si vous avez des pistes d’amélioration, l’invitation tient aussi !

Merci de votre attention, du visionnage de cette vidéo et de la lecture de cet article,

En attendant la suite, portez-vous bien, et au revoir !

Aymeric.

Sources / Aller plus loin :

Vocabulaire juridique, Cornu 2011 ;

Droit Constitutionnel, Dominique Turpin, 2007, PUF ;

Constitution des États-Unis d’Amérique (traduction française officielle) ;
Constitution du Danemark (traduction française officielle) ;
Article d’Europa Universalis sur les régimes parlementaires historiquement et dans le monde ;
Explication des régimes politiques simplifiée (vie-publique.fr) :
Le Shutdown de 2013 chroniqué par Libération, Le Monde et Le Figaro

Primaires et médias

Bonjour,

Un court article aujourd’hui pour vous partager la dernière vidéo publiée sur État Cryptique :

Sources / Aller plus loin :

L’arnaque des primaires, mon article sur État cryptique ;
Le site d’ACRIMED ;
Philippe Riutort aux jeudis d’ACRIMED ;
Patrick Champagne – La double dépendance ; sur le journalisme, mars 2016, chez Raisons d’agir ;
François Ruffin – Les Petits Soldats du Journalisme, janvier 2003, chez Les Arènes ;
#QuiChoisir de Dany Caligula ;
Le film Hollande, DSK, etc. en streaming complet et officiel ;
La chaîne Youtube de François Ruffin ;
Le Révolutionnaire (Olivier Besancenot) par Usul dans Mes Chers Contemporains ;
Le site de Fakir

L’édito de 2017

Bonjour !

Nous voilà en 2017. C’est l’occasion pour moi de revenir sur l’année passée et de mettre au point quelques éléments pour cette nouvelle année.

Soyons clairs et directs : je suis très fier de cette année 2016 pour la production vidéo, malgré quelques limites. Du point de vue des chiffres, en termes de nombre de vidéos et de durée, j’ai clairement été meilleur qu’en 2015.

Néanmoins, il faut une fois encore nuancer : le retour sur Demos, qui m’a demandé assez peu de travail en tournage et en montage, ainsi que les vidéos sur l’état d’urgence qui n’ont eu besoin d’aucun tournage, étaient moins travaillées que les autres. Mais en retirant ces vidéos du compte, en minutes de vidéos produites, on se retrouve avec 40 minutes. Autrement dit, quasi-exactement la même durée que l’ensemble des vidéos produites en 2015 ! J’ai été très surpris en calculant cela d’ailleurs, je ne pensais pas avoir produit autant.

En plus, les vidéos les plus travaillées de 2016, en termes techniques, sont bien meilleures que celles des années précédentes. Par exemple, la série sur la loi a été très difficile et chronophage à réaliser, mais le résultat valait clairement le coup à mon avis.

Par contre, d’un point de vue écriture et prises de risque, j’avoue que cette année est moins ambitieuse que les autres. J’ai été moins audacieux, c’est clair.

En 2015 par exemple, j’ai sorti quatre vidéos, et dans chacune, j’ai donné mon avis de manière explicite et assez développée. Deux de celles-ci sont des « C’est quoi ? », un format très libre dans lequel je peux faire à peu près tout, et les deux autres sont « Homophobe ? » et « Le rapport malhonnête », l’une étant très personnelle – et très engagée – et l’autre plutôt recherchée, et également de parti-pris. Pour cette année 2016, j’ai réalisé deux séries : une sur l’état d’urgence, très engagée aussi mais assez raccord à une actualité, et une sur la loi, qui n’est critique qu’à sa fin.

Finalement, je regrette un peu de faire de moins en moins ce qui m’est souvent reproché : la subjectivité, l’engagement et le parti-pris. Sur la fin 2016, j’ai commencé une série sur les régimes de séparation des pouvoirs qui reprend la même formule que celle sur la loi, c’est-à-dire qu’elle ne sera critique qu’à sa fin. Par contre, j’espère m’engager d’ici la fin d’année – donc cet été – sur de la critique des médias, en ayant enfin tourné le « C’est quoi la violence symbolique ? » qui attend depuis des mois sur mes disques durs. Dans le cas où j’ai la possibilité de faire cela, je pallierai donc en 2017 à ce souci d’absence d’engagement que personnellement je trouve assez dommage.

Il est possible également que ce ne soit pas le cas. Je dois d’ailleurs préciser ici que 2017 sera très certainement bien moins productive que 2016. Mais j’essaie, malgré un emploi du temps chargé, d’avancer sur toutes mes activités, et quelques vidéos sont d’ores et déjà écrites – il manque donc tout le processus de production encore…

En plus des vidéos, ce mois de janvier marque aussi le premier anniversaire du blog sur lequel vous lisez ces lignes. J’y ai publié neuf articles, ce que je trouve là aussi assez satisfaisant. Même si beaucoup sont finalement des compte-rendus de sortie de vidéos, j’essaie d’apporter des choses dans ceux-ci, des éléments sur leur production, le contexte de l’écriture, etc.

Et pour les autres articles, ne traitant pas d’une sortie de vidéo donc, pour le coup, je suis assez engagé. Entre ma critique dithyrambique – qui mériterait des nuances évidemment, mais je l’ai écrite à chaud et je n’ai pas envie d’y toucher – de Merci Patron ! de François Ruffin, mon article très critique sur les primaires ouvertes ou l’article d’auto-critique de ma vidéo sur la Turquie, je pense qu’on peut maintenant encore plus qu’avant discerner la ligne éditoriale que j’essaie de suivre avec État cryptique.

Cette ligne, je vais encore essayer de la suivre cette année. Je vais continuer, évidemment, à faire des vidéos sur le droit constitutionnel, parce que ça me plaît et que ça aide apparemment beaucoup d’étudiants en Droit, mais j’essaierai également d’assumer davantage mes engagements avec des productions moins académiques peut-être – en essayant d’être aussi voire plus rigoureux.

Enfin, je suis obligé de conclure cet article en disant qu’en décembre 2016, il y a eu un petit événement : la chaîne Youtube a dépassé les 1000 abonnés. Après plus de trois ans d’existence, c’est une petite fierté qui s’ajoute à celle des gentils commentaires et des pouces bleus, très majoritaires sur chacune de mes vidéos. Tout ça, sans qu’on le voit en vidéo, m’encourage beaucoup à continuer, et je remercie tous ceux qui soutiennent, par leurs partages, visionnages et interactions diverses, ce projet. Merci mille fois.

Je vous souhaite de passer une excellente année. J’espère avoir assez de temps pour continuer État cryptique au moins au rythme auquel je suis déjà habitué, mais je ne peux l’assurer hélas.

En tous les cas, merci de m’avoir lu. Et en attendant la suite, portez-vous bien et au revoir.

Aymeric

Le retour sur Demos !

Bonjour !

J’ai déjà écrit un article sur Demos, pour partager dans ces pages cette émission politique qui a été ma première. Mais il était temps, avec les quelques années de recul que j’ai sur cette expérience, avec les deux ans de commentaires sur l’émission et avec les retours généraux – parfois informels – sur celle-ci, de revenir une première fois en vidéo sur cette aventure.

En ressort une vidéo beaucoup moins travaillée que d’habitude d’un point de vue technique. On pourrait dire un peu moins travaillée au niveau du fond, mais il n’en est rien. En effet, avec les commentaires fournis que j’avais déjà écrit en réponse à ceux que je partage dans cette nouvelle émission, je n’ai en réalité eu besoin que de synthétiser le travail de plusieurs mois plutôt que de devoir fournir un effort immédiat. Par contre, il est vrai que la durée est considérablement accrue par rapport à d’habitude : plus d’une heure, contre les cinq à vingt minutes habituelles.

Étrangement, je n’avais pas vraiment pour projet immédiat de réaliser ce type de vidéos en commençant à travailler sur le web. Mais un podcast m’a fait changer d’avis : dans cette discussion que vous pouvez aussi écouter, Léo Grasset, qui tient la chaîne Dirty Biology, est invité et s’entretient avec Vled Tapas et Acermendax, qui interviennent ici comme animateurs de La Tronche en Live, une émission de deux heures formidablement intéressante. Le thème est « Vulgarisation sur un média horizontal », ce qui correspond énormément à ma démarche. Et si je ne souscris pas à l’ensemble des propos qui peuvent être dits – notamment sur « la flemme » qui serait la principale entrave à la qualité sur le net, critique que je trouve un peu facile – il y a une remarque qui valait le détour : nous n’aurions pas encore saisi la spécificité du média sur lequel on se trouve.

Léo Grasset y explique en effet que son sentiment et celui de quelques uns de ses amis vidéastes à l’égard du « vidéoblogging » – principalement de la vulgarisation en son sein – est qu’il n’était qu’une transposition autoproduite sur le net d’émissions de télévision.

Et je me suis reconnu. Sans se l’avouer, nous avons repris les codes télévisuels – ainsi que quelques codes naissants du web, comme le fait de se filmer soi-même tout au long d’une vidéo – pour faire nos « émissions ». Sans me l’avouer, je faisais cela. Et finalement, après avoir réfléchi à cela, il m’a semblé qu’un des meilleurs moyens de mettre la vidéo au service de l’horizontalité était… de mettre l’horizontalité au service de la vidéo.

Ainsi, si les vidéos Demos ont pu susciter des remarques intéressantes, il fallait sur le même support rendre compte de ces remarques. Et autour de cette foire aux questions, j’ai intégré de nombreuses choses qui me semblaient importantes : ce que le recul me fait penser de ce que je ferais différemment, des chiffres sur la réception des émissions sur Youtube, quelques données sur la mise en place de celles-ci,… Voilà la genèse de ce « Retour sur Demos ». J’espère que l’émission vous plaira.

En attendant la suite, portez-vous bien et au revoir !

Aymeric.

PS : Le chapitrage :

Introduction : 00:00:00

Équipe et matériel : 00:05:35

Retours généraux : 00:08:09

Mes retours : 00:11:05

Commentaires de l’épisode 1 : 00:18:14

Commentaires de l’épisode 2 : 00:30:34

Commentaires de l’épisode 3 : 00:32:47

Commentaires de l’épisode 4 : 00:41:51

Commentaires de l’épisode 5 : 00:47:22

Commentaires de l’épisode 6 : 00:48:57

Commentaires de « L’envers du décor » : 00:54:58

Quelques chiffres : 00:57:15

Conclusion : 01:00:59

Les liens des choses dont je parle dans l’émission

L’émission de Psynect sur l’effet spectateur

L’émission de Horizon-Gull/Blog Hacking Social sur la même chose

La chaîne de mon ami Superico (du jeu vidéo)

Le Facebook de Mathilde, photographe et image de pas mal d’émissions

L’émission « La soumission au costume » du blog Hacking Social

La chaîne d’Histony

La Tronche en Biais

Comment devenir Président de la République ?

Bonjour !

Le jeudi 3 novembre, à 18h, je sors une vidéo intitulée « Comment devenir Président ? ». La voici :

[IMPORTANT] Un commentaire m’a fait remarquer que j’avais fait une erreur : pour le remboursement public des campagnes, le pourcentage ne s’applique pas aux dépenses mais uniquement au plafond. Par exemple, si notre campagne a coûté 1 million d’euros en 2012, le plafond étant fixé à 16,851 millions, et qu’on réalise un score de moins de 5 % des suffrages, le remboursement ne sera pas de 4.75% de 1 million (soit environ 47 500€), mais de 4.75% du plafond de 16,851 millions (soit environ 800 000€). Néanmoins, si la campagne avait coûté 400 000€,  le remboursement n’aurait été que de 400 000 : l’État ne rembourse pas plus que les dépenses constatées.

Suite à un commentaire de Samy Khadre qui déplorait de ne rien comprendre à l’élection présidentielle française, je me suis dit qu’il serait temps de parler enfin des deux régimes les plus connus de séparation des pouvoirs : les régimes parlementaire et présidentiel. Et pour ça, répondre à la question posée permettait d’introduire de manière assez naturelle le sujet.

En réalité, c’est quelque chose que je connaissais très peu avant de m’y intéresser. Je me souvenais juste de l’article 6 de la Constitution, qui est loin d’être complet là-dessus. Alors je m’y suis mis, et j’avoue que je pensais que les informations étaient bien plus simples que ça à trouver. Je l’exprime d’ailleurs dans la première partie de la vidéo, mais il faut savoir que la campagne m’a donné beaucoup de fil à retordre également.

Par exemple, vous verrez dans les sources ci-dessous que je n’ai pas trouvé le texte qui établit que la campagne officielle débute le second lundi avant le premier tour, je référence donc un article du site « Vie publique », qui est un site officiel. Mais si vous trouvez la référence juridique, n’hésitez pas à m’en informer. Pour le financement de la campagne, c’est à peu près la même chose : j’ai référencé Vie Publique encore, mais aussi les sites de la CNCCFP et du Conseil constitutionnel, faute de mieux.

Il faut aussi que je précise que cette vidéo est floue au niveau de la prise de vue. J’en suis désolé, il semblerait qu’il y ait eu des soucis de mise au point. D’ailleurs, j’ai un peu changé ma méthode de tournage, en laissant plus de place à l’improvisation à partir de mon texte de base. En résulte une vidéo plus longue par rapport à la longueur du texte, peut-être plus fluide aussi, mais parfois imprécise. Je pense notamment à la partie sur le contrôle de la CNCCFP, où on peut comprendre que la CNCCFP n’a pas d’enquêteur et qu’elle ne fait que des additions. C’est en tout cas ce que j’en dis. C’est un peu caricatural cela dit : la CNCCFP a des enquêteurs, mais elle en a trop peu par rapport à sa mission. Ceux-ci sont assez rarement sur le terrain apparemment, mais ils ne font pas que des additions, d’ailleurs j’en avais parlé dans ma vidéo sur la transparence en politique, puisque cette commission s’assure aussi que les frais de campagne remboursables ne sont pas exorbitants. Je pense que ces quelques précisions sont assez utiles à une compréhension plus contrastée du phénomène, même si l’idée du manque de moyens reste prépondérante.

Enfin, il me faut dire que cette vidéo donnera lieu – je ne sais quand – à une suite sur les régimes de séparation des pouvoirs ainsi que sur les particularités du régime français de la Ve République. Je ne sais pas encore si une seule vidéo sera nécessaire ou s’il en faudra deux, nous verrons bien.

Merci d’avoir lu ce billet, et d’avoir regardé cette vidéo. N’oubliez pas de partager tout ça si vous avez apprécié.

En attendant la suite, portez-vous bien et au revoir !

Aymeric.

Sources/Aller plus loin :

La loi du 6 novembre 1962 relative à l’élection du président de la République au suffrage universel (légifrance)

L’article LO127 du code électoral (légifrance)

Chapitre du code électoral relatif aux conditions pour être électeur (légifrance)

Le financement de la campagne sur les sites du Conseil constitutionnel et de la CNCCFP

Le financement des campagnes, déroulement et financement (sur Vie Publique.fr) :

L’exposition médiatique pour l’élection de 2017 (site du CSA)

Arrêt sur images sur l’affaire Bygmalion du 24-10-2014 et du 07-10-2016 (réservé aux abonnés, hélas…)

Le dossier de Mediapart sur Bygmalion

La loi organique de « modernisation de l’élection présidentielle » (site de l’assemblée nationale)

La loi sous quelques angles…

Bonjour !

Par ce nouvel article, je vous informe de la sortie de 4 vidéos pendant l’été, qui seront toutes regroupées ici. Ces nouvelles vidéos, inaugurant un nouveau logiciel qui me permet de faire des choses vraiment jolies (vous me direz ce que vous en pensez), portent sur la loi, au sens juridique.

Pourquoi ai-je décidé de faire des vidéos sur la loi ? Il me semble que c’est une question légitime, mais les raisons se devinent assez facilement : il y a à la fois la raison classique de l’existence des émissions que je réalise, c’est-à-dire le fait que tant que la cinquième république reste en place – et même après, mais dans une autre mesure – mes vidéos peuvent, je l’espère du moins, aider à sa compréhension et à sa critique ; et il y a aussi une raison d’actualité, qui a fait que j’ai choisi dans ma liste de thèmes celui-ci plutôt qu’un autre, c’est la lutte contre la loi El Khomri, avec l’utilisation maximale des moyens gouvernementaux pour passer rapidement et en force ce texte dont le seul bénéficiaire est le MEDEF (Mouvement des Entreprises de France).

Il me paraissait important de remettre tous les moyens utilisés dans leur contexte, celui de la procédure législative. J’ai donc écrit quatre vidéos.

Le première sort le 7 juillet à 17h. Elle contient des éléments de définition de la loi, et permet surtout de comprendre les enjeux liés à tout ce qui est expliqué dans les vidéos suivantes.

La seconde sort le 21 juillet à 17h. Son sujet est la procédure législative, donc depuis l’écriture à la promulgation d’un texte dans le cas idéal pour lequel l’exécutif intervient peu.

La troisième sort le 4 août à 17h. Elle complète la procédure législative en y ajoutant les ingérences possibles de la part du pouvoir exécutif, dont le fameux 49.3, mais également la procédure accélérée et le vote bloqué.

La quatrième sort le 18 août à 17h suite à quelques imprévus, elle est sortie le 21 août à 11h). Elle conclut le tout par une perspective critique, non du pouvoir exécutif, mais du pouvoir des représentants en général.

Cet article va également servir de répertoire de sources, de liens qui m’ont servi ou qui peuvent servir à une compréhension approfondie du sujet. Les voici :

Une source écrite assez commune : Vocabulaire juridique, par Gérard Cornu, PUF, 2011

La constitution sur le site du Conseil constitutionnel et sur légifrance (sur légifrance, on a plus facilement accès aux textes cités par le préambule)

Concernant le contrôle des lois par rapport aux traités : une analyse de l’arrêt Nicolo du Conseil d’État (20 octobre 1989), l’arrêt Jacques Vabre de la Cour de cassation (Chambre mixte, 24 mai 1975) et un article de Patrick Rambaud de l’annuaire français de Droit international de 1989 (assez difficile à lire).

Le texte de la loi portant abolition de la peine de mort, dite Loi Badinter, du 9 octobre 1981.

Les index des Commissions permanentes du Sénat et de l’Assemblée nationale.

Quelques précisions sur la procédure : l’explication de la procédure législative sur le site du Sénat et sur celui de l’Assemblée nationale, une fiche sur le droit d’amendement (site du Sénat) et un document expliquant la « nouvelle » procédure législative aux sénateurs, c’est-à-dire la procédure issue de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008.

Enfin, quelques vidéos et chaînes permettant d’aller vers d’autres questions, et notamment vers celle de la démocratie : une vidéo (en anglais) sur la démocratie liquide, un plateau de Médiapart sur les problèmes plus généraux du vote et du référendum, un entretien de Médiapart encore avec Dominique Rousseau pour son livre sur la démocratie continue, une vidéo d’Histony sur les origines du Sénat actuel, une autre d’Ixost de réflexion sur la démocratie et le jeu vidéo, les chaînes d’Usul et de DanyCaligula qui traitent parfois aussi de ces questions.

C’en est fini de cet article. Merci de l’avoir lu, j’espère que ces vidéos vous apprendront des choses, ou qu’elles vous permettront de comprendre un peu mieux comment tout ça fonctionne et comment tout ça pourrait fonctionner autrement.

En attendant la suite, portez-vous bien et au revoir !

Aymeric.

Mes vidéos sur l’état d’urgence

Bonjour !

Aujourd’hui sortent simultanément sept vidéos de mon cru sur l’état d’urgence. Les six premières ont été écrites entre le 16 et le 25 mars 2016 et la dernière au tout début du mois d’avril. Le travail de montage et de schématisation a été si long sur les premières que l’actualité m’a rattrapé et qu’il m’a fallu sortir une vidéo supplémentaire de « mises à jour ». Enfin, tout cela est expliqué dans la vidéo en question.

J’espère que ces vidéos vous apporteront une approche à la fois assez précise et compréhensible. Les voici :

01 – Les régimes dérogatoires au droit commun :

02 – L’état d’urgence en 1955 :

03 – L’état d’urgence en 2016 et ses applications :

04 – La constitutionnalisation et ses effets :

05 – Les abus lors de l’état d’urgence :

06 – La crédibilité du ministre de l’intérieur :

07 – Mises à jour :

Comme d’habitude, j’ai décidé de pas mal me concentrer sur l’aspect juridique de la chose, tout en ouvrant bien sûr à des questionnements et des informations complémentaires sur les abus, et à une approche critique de l’efficacité de l’état d’urgence.

Pourquoi en parler maintenant, finalement si tard ? Parce que si « Juste une mise au point » est une émission toujours réalisée en réaction à des situations, elle n’en est pas moins une émission qui se veut informative en se basant sur des idées et des faits déjà existants. Au-delà de prendre du temps pour les réunir, j’ai préféré attendre d’avoir un certain recul et d’assez nombreuses informations pour écrire et réaliser ces émissions. De plus, je dois dire qu’une conférence intitulée « État d’urgence : que reste-t-il de l’État de droit ? » du 10 février 2016 dans ma ville, Amiens, organisée par Pourparlers en Picardie, m’a beaucoup appris sur la question, tout en montrant certaines limites. L’approche juridique est intéressante mais elle doit être suffisamment claire et expliquer les bases du droit, ce que les intervenants n’ont hélas pas fait. Je me suis dont dit qu’il serait pertinent de poser les bases, même si, j’en suis conscient, je n’ai pas tout explicité, notamment au niveau des procédures.

Et pourquoi passer de vidéos longues (10-20 minutes) en une fois à des vidéos courtes (environ 4 minutes) en plusieurs fois ? Cela vient d’un constat qui est celui issu des retours informels que j’ai pu avoir sur les émissions Demos. Cette série était découpée en sept épisodes thématiques, mais chacun de ces épisodes expliquait une quantité assez importante de mécanismes en environ 12 minutes. Ce qui était, j’en suis bien conscient maintenant, assez dense et indigeste pour qui n’est pas passionné par les systèmes institutionnels et juridiques, voire pour qui décrochait ne serait-ce que dix secondes.

Or, nous sommes des êtres humains, et nous ne regardons pas forcément des vidéos en étant concentré à 100% pendant plus de dix minutes. En réalité, seul.e.s les étudiant.e.s en Droit qui me suivent pour réviser leurs cours peuvent se trouver dans ce cas précis, car elles et ils sont déjà formé.e.s à une bonne partie de ce dont je parle et que leurs examens en dépendent. Je dirais que pour quelqu’un qui souhaite découvrir, par curiosité, les thématiques présentées dans Demos, les ressources demandées – ici du temps et une concentration maximale – devraient être bien moindres. Surtout parce qu’étant grand consommateur de vidéos de vulgarisation, j’ai parfois du mal à suivre des vidéos trop denses.

Les émissions « C’est quoi ? » prennent directement le contre-pied de cela : elles sont aussi longues, aussi précises mais concernent un sujet bien plus restreint. Je peux davantage expliquer, donner des exemples, que dans Demos. Cette première édition de « Juste une mise au point » découpée est une forme de suite de Demos, qui finalement en diffère car elle regroupe des vidéos à sujets précis de quatre minutes sur une thématique donnée, au lieu de développer à la fois une argumentation et une information denses sur une douzaine de minutes. Je pense que si je réalisais la série Demos aujourd’hui, elle prendrait cette forme plus accessible à mon avis.

D’ailleurs, un grand merci à mes très cher.e.s Jeremy et Camille pour leur relecture et leur avis sur les premières versions des textes et des vidéos, qui travaillent aussi à l’accessibilité et à la clarté du contenu. Je tiens également à remercier ici toutes les associations de la société civile, comme La Quadrature du Net, la Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty International, qui m’ont à la fois informé et facilité le travail d’écriture par leurs veilles et leurs partages.

N’hésitez pas à partager ces vidéos si elles vous ont plu, et à me faire parvenir votre avis, par des commentaires sous cet article, sous les vidéos, par Facebook ou Twitter. En attendant la suite, portez-vous bien et au revoir !

Aymeric.

Sources/Aller plus loin :

Amnesty International France sur l’état d’urgence

Le wiki « état d’urgence » de la Quadrature du net 

La Ligue des Droits de l’Homme sur l’état d’urgence

La définition d’un état d’exception dans l’Encyclopedia Universalis 

Texte de la Constitution

Texte de la loi sur l’état d’urgence (versions disponibles sur la gauche de la page)

L’article 56 du code de procédure pénale (perquisition) 

Version actuelle de la loi sur l’état d’urgence

Le code de la défense sur l’état de siège

Projet de loi dit « de protection de la nation »

Décision de conformité de la loi relative à l’état d’urgence du 25 janvier 1985

Pacte international relatif aux droits civils et politiques

Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales

Un exemple de journal télévisé qui reprend tous les propos du ministère de l’intérieur sans aucune vérification

Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’intérieur, sur la mort de Rémi Fraisse

Un exemple récent de contre-vérités du ministère de l’intérieur

L’article de La Croix du 8 février 2016 sur l’efficacité de l’état d’urgence

La vidéo de Osons Causer sur les abus de l’état d’urgence

La vidéo de Osons Causer (encore) sur la déchéance de nationalité

La vidéo de Médiapart et Didier Porte sur un abus en particulier

Ma vidéo sur les Droits de l’Homme, avec une explication du fonctionnement de la pyramide des normes

Histoire d’un échec

Bonjour.

Aujourd’hui je sors un article assez personnel qui va concerner directement mes vidéos, donc une de mes activités principales. D’ailleurs, peut-être ne le saviez-vous pas avant de lire ces lignes, mais ma vidéo « La Turquie est-elle européenne ? » est la plus regardée de ma chaîne Youtube. Aujourd’hui, elle comptabilise plus de 20 000 vues, soit presque la moitié de celles totales de la chaîne (50 000 aujourd’hui). Et j’ai décidé de réduire drastiquement sa visibilité en la passant en « non-répertoriée » aujourd’hui, pour des raisons que je vais expliquer ci-dessous.

Je n’ai pas vraiment de théorie concernant l’incroyable visibilité de cette vidéo en particulier. Peut-être y a-t-il eu relais de la part de personnes assez connues sur le web ? Et que, de fait, la visibilité augmentant, Youtube a répertorié bien plus favorablement cette vidéo que toutes les autres, faisant mécaniquement augmenter le nombre de vues, et ainsi de suite ? Peut-être que le sujet est très recherché ? En tous les cas, que l’une de ces hypothèses soit vérifiée ou non, cette vidéo, je dois l’assumer, est un échec.

Comprenez bien que je ne pense pas que l’intention primaire était mauvaise. De toute façon, j’essaie au maximum de faire en sorte que mes vidéos portent plus de questions que de réponses, qu’elles suscitent l’interrogation en informant plutôt qu’en déterminant une vérité unique, discernable et évidente. Véritablement, il s’agit là d’une ligne éditoriale que je me suis choisi : au maximum, toutes les portes intéressantes que j’essaie d’ouvrir par mon activité vidéo doivent rester ouvertes après mon passage. Voici la vidéo.

La première question qui peut se poser est celle-ci : si cette vidéo est un échec, pourquoi ne pas la supprimer, tout simplement ? Eh bien parce que, malgré tout, je pense que cette vidéo à quelques apports et que le fait qu’elle ne puisse être visible qu’à partir de cet article est plutôt sain pour comprendre la démarche qui m’amène aujourd’hui à la critiquer. La supprimer aurait simplement soustrait au débat la vidéo, ce qui est plutôt le contraire de ce que je souhaite.

Alors, qu’est-ce qui ne va pas dans cette vidéo ? A peu près tout, et ça commence avec le manque de lien entre la vidéo et son titre. Dans cette vidéo, la question posée est « C’est quoi l’Europe ? », la Turquie n’est reléguée qu’à l’état d’exemple. Pourquoi donc avoir appelé cela « La Turquie est-elle européenne ? » ? J’ai du vouloir au moment du choix du titre « dénoncer » les replis identitaires qu’on peut souvent observer, mais je suis aussi entré dans une démarche assez putassière.

Parce que ce titre est vraiment problématique et va à l’encontre d’une démarche ouvrant le débat. « C’est quoi l’Europe ? », c’est une question a réponse extrêmement ouverte, très propice à développer une réflexion dans une approche non excluante. La question suscite des approches variées, parfois contraires, mais son ouverture est permissive, engendre un débat sain. « La Turquie est-elle européenne ? » est une question extrêmement clivante, car à réponse fermée – oui ou non – et excluante car elle porte une question d’appartenance et non de structure. C’est une question qui va plutôt avoir tendance à encourager ceux qui ont déjà une position affirmée à voir la vidéo et, peut-être, à refermer leur argumentaire en affermissant leur ligne.

Mais cette vidéo est aussi un énorme problème au niveau de la personne qui présente et de la manière de la présenter, c’est-à-dire un énorme problème parce que c’est moi qui parle.

De quel droit aurais-je à me positionner sur la place de la Turquie au sein ou hors de l’Europe ? N’y a-t-il pas là un manque de considération et de respect, voire de la condescendance ? Je suis français, blanc, athée. Quand je parle de la France et de sa position, par exemple par rapport aux traités européens, je dis sans cesse que c’est au peuple français de décider. Quand j’ai parlé de la Turquie, en lui décernant de manière plus ou moins détournée le « label d’européanité », je me suis prononcé à la place du peuple turc, de ses ressortissants. Finalement, ce que j’évite au maximum de faire dans mes travaux écrits ou vidéos, c’est-à-dire parler « des français », de ce que « la France DOIT être », ce qu’elle a vocation à faire, je l’ai fait là, et ça uniquement parce que c’était la Turquie, et non la France.

C’est pour moi un lamentable échec : j’essaie de condamner au maximum des propos de personnes qui prennent la place des concerné.e.s, en faisant finalement, moi-même, la même chose. Je suis concerné par l’Europe, pas par la Turquie. Et en voulant être incluant, j’ai été l’archétype de l’homme blanc que je dénonce : cet individu qui parle de gens sans les écouter, qui leur décerne des bons et des mauvais points, qui juge, au lieu de simplement se taire et de laisser les concerné.e.s parler eux-mêmes de leur situation.

Et on pourrait reprendre toute la vidéo en faisant cette critique-là : pour une vidéo sur la Turquie, le point de vue est ultra-francocentré – ou au moins eurocentré. Et le traitement est ultra-superficiel. Je traite par-dessus la jambe les questions de religion, du génocide arménien, des kurdes, de Chypre, etc. Questions qui mériteraient à elles seules des heures de lectures, de visionnages, et sûrement pas dix minutes de la vidéo d’un non-concerné.

L’idée de cette vidéo, finalement, c’était de dire que cette question là se posait avec la question de l’existence de l’Europe en soi. Mais en voulant me servir de la Turquie pour questionner l’Europe, je me suis servi de l’Europe pour questionner la Turquie. Or, si en tant qu’européen, je peux ouvrir à un questionnement sur des structures mises en place dans le cadre de mon « continent d’appartenance » disons, parce qu’elles me concernent directement, je ne peux pas en faire de même sur un pays situé à des milliers de bornes de chez moi, que je connais à peine et surtout, en en faisant le sujet principal d’un de mes travaux.

Qui plus est, je ne parle qu’assez peu de la Turquie dans cette vidéo, et quand j’en parle, c’est surtout pour dire pourquoi l’Union n’en veut pas. De fait, quelqu’un qui ne connaît rien de la Turquie et qui regarderait cette vidéo en aurait une image vraiment négative. En effet, les raisons officielles mettent le doigt sur des problèmes peu ou pas résolus, et les raisons plus officieuses ne sont que factuelles. Ce pays lui apparaîtra plus négativement encore s’il ne connaît ce pays que par le biais de la propagande médiatique… Néanmoins, le problème est surtout pour les citoyen.ne.s turc.que.s que l’européanité est une question qui se pose de moins en moins, la Turquie se liant désormais bien plus à des partenaires asiatiques ou moyen-orientaux.

Et sur l’Europe, je trahis directement mon propre propos. Certes, l’idée ici était de parler de l’existence ou non d’un continent européen, mais beaucoup ont pointé l’idée que l’union européenne était un bourbier et qu’en aucun cas la Turquie ne devait s’y retrouver. Idée avec laquelle je suis plutôt d’accord, puisqu’il m’arrive régulièrement de critiquer les traités, où d’être d’accord avec des réquisitoires anti-Euro. Cette position ne transparaît absolument pas dans cette vidéo.

Bref, je pense qu’originellement, le problème vient vraiment de l’approche et de la démarche. L’idée était de dire que si la Turquie pouvait ou non être considérée comme un pays européen, la question se posait vraiment de savoir ce qu’était l’Europe. Mon objectif était de questionner la réponse identitaire – le « non » systématique – comme la réponse islamophobe – du type « l’islam est majoritaire donc ce n’est pas l’Europe ». Et j’ai échoué lamentablement.

Du point de vue de la fabrication de cette vidéo, je pense vraiment que tout le problème est venu de cette idée de changer de titre : on n’écrit pas de la même manière une vidéo intitulée « C’est quoi l’Europe ? » et une autre dont le titre est « La Turquie est-elle européenne ? ». Cette différence, je ne l’avais pas saisie à l’époque. Et cette erreur m’aura servi à, peut-être, mieux cadrer ce dont je souhaite parler.

Le nombre de vues est pour moi un premier échec. Je ne dis pas que le fait que mes vidéos soient vues est un problème, ce serait extrêmement paradoxal. Néanmoins, qu’une seule vidéo, sur 15, comptabilise la moitié du tout, est un énorme problème. Surtout quand il s’agit, déjà, d’un hors-série, et que l’approche est aussi critiquable. Finalement, cette vidéo n’a que très rarement servi d’entrée en matière pour mes autres travaux, à cause de cette démarche bien peu attractive notamment.

Le second échec, pour moi, c’est la violence de nombreux commentaires. Alors autant, lorsqu’il s’agissait de personnes qui pensaient m’insulter en disant que j’étais un « bobo gauchiste bien-pensant », j’étais plutôt flatté, autant, quand cela venait de turc.que.s qui me disaient « tais-toi avec ton Europe. Nous en Turquie, on en veut pas », ponctué d’insultes, cela remettait vraiment en question la vidéo elle-même, son existence et la pertinence de son propos. Mais je pouvais encore dire que ce n’étaient que des invectives sans trop de fondement. Par contre, lorsque de nombreux commentaires ont commencé à affluer pour me dire la même chose sans m’attaquer personnellement, et sur des paragraphes entiers, j’ai vraiment pu me poser la question frontalement : qu’apporte cette vidéo ?

Il serait faux de dire qu’elle n’apporte rien : cette vidéo contient des informations qui peuvent être utiles, des ouvertures sur les notions de continent, de frontière par exemple. Mais son approche fait qu’elle peut être aussi d’une certaine violence pour une partie des internautes. Violence symbolique surtout – promis la vidéo là-dessus arrivera bientôt – qui a sûrement été à l’origine de la violence verbale que j’ai subi. En tout cas, l’apport n’est pas vraiment la question au vu de la réception de cette vidéo qui m’a fait réaliser mon erreur et mon échec.

Un échec, oui, je le répète. Le but de mes vidéos est toujours le même, vraiment. L’idée est de questionner voire de contester des évidences, d’apporter des informations qui peuvent faire voir la réalité d’une manière différente de celle dont on a l’habitude – ce qui peut être assez difficile. Cette vidéo a fait l’inverse : par sa présentation, son titre, et tout ce qu’elle envoie, elle a fait camper sur ses positions de nombreux internautes, les a parfois énervé, etc. En tout cas, elle n’a pas permis un débat sain. En grande partie par ma faute.

J’en suis désolé et je m’excuse de cette vidéo. Je ferai certainement des vidéos sur l’Europe, mais sachez que j’ai décidé, depuis longtemps, de vraiment me concentrer sur le droit et la politique française et à ce qui touche plutôt la France voire la francophonie. Parfois, j’essaierai de parler de projets étrangers, mais surtout pour réfléchir sur le système de manière excentrée. En tous les cas, si je dois parler de choses qui ne me concernent pas personnellement, j’essaierai d’impliquer prioritairement quelqu’un qui sera concerné.e. Bref, j’essaie d’apprendre de mes erreurs, et si vous avez d’autres remarques, n’hésitez pas à me contacter, car si j’ai réussi à me rendre compte des problèmes de cette vidéo-là, c’est surtout grâce à des commentateurs plus avisés que moi.

En attendant la suite, portez-vous bien et au revoir !

Aymeric.

L’arnaque des primaires

Bonjour !

S’il y a bien une idée qui a le vent en poupe dans les partis politiques dominants, si peu mobiles qu’ils sont malgré cela, c’est la présélection des candidats à l’élection présidentielle. En 2012, les primaires ouvertes du PS avaient largement mis en avant des personnalités, et donc un discours, de nombreux mois avant l’élection effective, ce qui n’a d’ailleurs pas été sans effet sur la victoire du candidat de ce parti. Cette année, même les plus réticent.e.s à tout, les conservateurs du RPR – UMP, RPR ou LR, ça reste le même groupuscule – veulent leur part du gâteau et organisent aussi leurs primaires ouvertes (avec des candidat.e.s aussi neuf.ve.s que crédibles).

Quels sont les avantages d’une primaire ouverte ? Selon ses promoteurs, elle permet aux citoyen.ne.s de désigner un.e candidat.e qu’ils choisiront de soutenir à l’élection présidentielle, en agrégeant par la même occasion tous les électeurs des partis concernés derrière un.e seul.e candidat.e. D’une certaine manière, l’idée est qu’il serait plus démocratique, plus « ouvert », de confier la sélection du poulain présenté à l’élection à un large éventail de citoyen.ne.s. La caractéristique « ouverte » signifie en effet que chaque membre du corps électoral peut participer à ces présélections sans trop de contraintes, ce qui aurait pour effet de légitimer davantage encore le/la candidat.e investi.e puisqu’il ou elle bénéficie d’un électorat avant même la course présidentielle.

Et c’est à peu près tout… Nous conviendrons que ça reste assez léger pour un fonctionnement dit « révolutionnaire », mais surtout, nous ne devons pas nous laisser abuser par ces arguments invalides et fallacieux. Les primaires ouvertes sont une parodie de démocratie, une abominable arnaque et une diversion malheureusement très efficace.

J’ai déjà eu l’occasion de dire ici l’effet mécanique des primaires : les concessions énormes de certains candidats envers ces simulacres de démocratie. En fait, ce que fabriquent les primaires, c’est du consensus mou. Il est absolument impensable d’être porteur d’un projet de société radical lorsqu’on se soumet à un processus de primaire. Et celles et ceux qui ne s’y soumettent pas sont aussitôt disqualifié.e.s sur l’autel de la légitimité. Parce que si on sait qu’on va perdre, pourquoi participer ?

Ici, on voit bien que le fond du problème, ça n’est pas la primaire mais l’idée sous-jacente principale. Cette idée qu’il faut à tout prix combattre avec toutes ses corollaires : le vote utile.

C’est en cela principalement que les primaires sont une parodie de démocratie. Une démocratie a pour base plusieurs idées, dont celle du pluralisme. C’est-à-dire que dans un pays comme la France, nous ne sommes – en théorie – pas sous un régime de parti unique : toutes les idées – ou presque – peuvent être présentées aux citoyen.ne.s. Évidemment, le vote utile détruit totalement ce fondement parce qu’il consacre l’idée fausse selon laquelle une idée – les idées sont la base de la politique – peut être évaluée en fonction du nombre de personnes qui la soutiennent. D’une certaine manière, c’est un biais de preuve sociale à grande échelle : comme on penserait que la qualité d’un restaurant peut être déduite d’une salle comble, la pertinence d’une idée le serait d’un sondage favorable.

En fait, l’idée est que l’élection présidentielle à la française doit imposer une logique aux candidat.e.s et surtout aux citoyen.ne.s de rassemblement derrière les possibles gagnant.e.s. Exit les candidat.e.s aux idées neuves mais peu défendues, la cinquième république ne veut pas de vous. Et on vous le prouve, parce qu’avec les primaires, évidemment, on a une flopée de sondages qui nous est livrée, sondages qui sont bourrés de biais, de problèmes méthodologiques et qui sont souvent mal repris par les médias.

Les sondages sont aujourd’hui une arme de destruction massive de la politique. Par stratègisme, on pense plutôt à l’action de chaque politicien.ne dans sa campagne et comment elle ou il va s’en sortir finalement, que le bénéfice réel pour soi et pour la communauté humaine de ces personnes et surtout de leurs idées. Ce stratègisme est pas mal du à notre système médiatique, et pour l’expliquer, il suffit de parler du sport.

Les primaires, c’est transformer une finale en deux manches, l’élection présidentielle, en un championnat. Et ça, pour les politicien.ne.s eux-mêmes et pour les médias dominants – ceux qu’on ne peut pas ne pas voir – c’est un bénéfice net formidable.

Les politicien.ne.s bénéficient énormément de ce fonctionnement qui les met en avant bien longtemps avant l’élection notamment avec de nombreux articles, sujets et sondages. Cette visibilité prématurée contrastera avec celle des candidat.e.s qui auront peiné à obtenir les 500 parrainages nécessaires à leur participation. Elle permettra d’être testé.e dans des sondages foireux effectués des mois avant le scrutin – autant dire « non significatifs » – et de bénéficier, donc, d’une impression de popularité qui s’imposera à tous et à toutes à force de matraquage médiatique.

Puisque pour les médias dominants, c’est là une mine d’or de petites phrases, de sujets rapides, de sondages faits à la va-vite, de divisions internes croustillantes qui feront de l’audience facilement tout en ne coûtant pas bien cher en temps et en argent. En effet, les politicien.ne.s, ça fait pas mal d’audience parce que c’est sérieux d’en parler, de s’y connaître un peu, ça donne l’impression de faire quelque chose de bien pour la communauté – il n’y a qu’à voir la pression sociale du vote. Or, c’est bien la politique qui importe, pas les personnes qui prétendent la faire. Et c’est là-dedans que s’engouffrent les médias dominants, dans cette lacune béante de distinction entre politicien.ne.s et politique, pour faire croire que les petites combines des un.e.s et des autres ont plus d’importance que des chamailleries dans une cour de récréation. Et finalement, la politique elle-même se met à ne plus exister.

Un problème que j’ai déjà évoqué, c’est l’invisibilisation presque totale des candidat.e.s qui ne souhaitent pas se soumettre aux primaires pendant toute cette période d’exposition bien avant l’élection. Ils et elles seront absent.e.s des sondages, des papiers, des écrans et des ondes si bien qu’on se demandera en les croisant pour la première fois qui ils et elles sont et ce qu’ils viennent faire là. Bien souvent, le traitement médiatique sera d’une parfaite indigence et d’un mépris qui ne concernera pas, bien entendu, les candidat.e.s déjà bien établis – vous avez dit « deux poids, deux mesures » ?

Si bien que parfois, alors qu’ils et elles sont sûr.e.s d’y perdre, d’y être ridiculisé.e.s et d’être soumis.es à une mauvaise foi qui risque de les décrédibiliser définitivement, certain.e.s décident malgré tout de participer à la primaire. La conséquence directe est que celles et ceux-là vont devoir soutenir un projet de société qui ne leur convient pas, ce qui leur sera reproché ensuite à la fois par leur électorat et par les médias dominants, puisqu’elles et ils auront « trahi » leurs convictions profondes. On remarquera par contre qu’avant une élection, il n’est pas question de rappeler comment les candidat.e.s bien établi.e.s ont déjà effectivement trahi des pans entiers de la population. Encore une fois, quand l’information manque, le pluralisme souffre.

Pour moi néanmoins, la moelle n’est pas là. Se concentrer sur ces questions est intéressant, mais il ne faut surtout pas oublier que les primaires sont une véritable diversion. Ne serait-ce que se demander si l’existence d’une primaire est légitime, c’est accepter ce qui est la base de cette primaire. Or, cette base, c’est l’élection présidentielle de la cinquième république. Avec mon émission Demos, j’ai déjà eu l’occasion de dire beaucoup de mal de l’élection en général et en particulier avec ledit scrutin. Je fustige notamment la réforme constitutionnelle de 1962 qui consacre l’élection présidentielle au suffrage universel direct. Pour moi, cela pose déjà un problème de séparation des pouvoirs, mais quand on parle de primaire, on s’aperçoit que cette vieille réforme a été acceptée par référendum sur le même argument bidon que l’actuel : plus il y a d’électeurs, plus c’est démocratique. Pour moi, justement, l’important, c’est la démocratie. C’est-à-dire le pouvoir de chaque citoyen sur la décision commune. Donc tout juste le contraire des élections de la cinquième république.

Il faut bien réaliser que les élections telles qu’elles existent actuellement ne nous permettent en aucun cas d’exercer nos droits démocratiques. L’importance des politicien.ne.s sur la décision, leur carriérisme et leur inamovibilité par rapport à ceux et celles qui les mandatent est un énorme problème.

Déjà, il n’y a aucune raison que seul.e.s les parlementaires puissent poser des questions publiques au gouvernement. Chaque citoyen.ne devrait le pouvoir aussi. De la même manière, il faut parler de l’initiative populaire des référendums, des lois et des amendements, qui serait déjà un progrès par rapport à un système actuel dans lequel des élu.e.s peuvent être tenté.e.s de proposer et de voter des textes qui n’arrangent qu’eux, elles et leurs ami.e.s. Je n’irai pas plus loin ici, ce n’est pas l’objectif, mais il faut savoir que de nombreuses propositions démocratiques naissent chaque jour et actent de la contestation du système représentatif.

Il n’est pas logique non plus que nous puissions avoir au gouvernement des membres qui n’ont jamais été acteurs de l’administration qu’ils sont censés dirigés. Que des ministres des transports n’aient jamais eu le permis de conduire, que des ministres de l’agriculture n’aient vu la campagne qu’en photo, que des ministres de la santé n’aient jamais participé à la vie d’un seul patient, etc. Toutes ces situations devraient être inacceptables. Que toutes ces personnes soient aux plus hautes fonctions et aient des responsabilités uniquement pour leur carrière est un fait qu’il faut combattre avec force.

Parlons maintenant d’un souci concernant plutôt les parlementaires et le Président. Il se trouve qu’en théorie, lorsqu’on est mandant et qu’on est déçu.e par son mandataire, on peut faire cesser le mandat. En pratique, dans la politique française actuelle, ça n’est pas le cas du tout. Il n’y a aucun mécanisme de révocation populaire, même extrêmement limité.

Comme déjà précisé, aujourd’hui, le fonctionnement de l’élection en lui-même, parce que ses limites sont de plus en plus visibles, est très contesté. L’argument que j’utilise le plus souvent pour rendre ce souci évident est celui de Louis-Napoléon Bonaparte et des empires français. Le premier Président de la République Française, élu au suffrage masculin universel direct, en est aussi le second empereur – après le coup d’État de 1851, soit 3 ans après son élection. Il y a pléthore d’exemples d’élections ayant porté au pouvoir des despotes mégalomanes, des dictateurs génocidaires ou de simples traîtres carriéristes. De la même manière, le référendum, qui peut paraître démocratique au premier abord, est une des techniques utilisées par le pouvoir impérial pour affermir sa politique. Il serait donc vraiment temps de tester autre chose.

Et tout cas, c’est pour moi une question bien plus importante que la pauvre place d’un.e candidat.e à une primaire débile. Stratégiquement, la primaire est une chose formidable pour les médias et les politicien.ne.s, mais la question de la stratégie ne compte pas. La politique, c’est se demander : de quelle société ai-je envie pour mes proches et pour moi-même ? De quelle société ai-je besoin pour me réaliser ? Et remettre au cœur ces questions fondamentales, c’est invalider au moins en partie le régime représentatif et les arguments qui conduisent, avec l’inertie, à sa continuité. Et par là même, on invalide le fonctionnement par primaire ouverte, car il n’est que l’avatar récent de ces très – trop – anciennes considérations.

Merci de m’avoir lu.

En attendant la suite, portez-vous bien et au revoir !

Aymeric.

PS : Quelques liens en plus :

Terra Nova, la « boîte à idées » qui se prend pour un think tank, Alexander Zevin, Le Monde Diplomatique, février 2010 : http://www.monde-diplomatique.fr/2010/02/ZEVIN/18824

Pour les communistes, le projet doit primer sur la primaire, Sébastien Crépel, L’Humanité, 7 mars 2016 :

http://www.humanite.fr/pour-les-communistes-le-projet-doit-primer-sur-la-primaire-601160

http://www.humanite.fr/blogs/quelques-considerations-primaires-600639